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Ilôt Poste Weiss

2011-2017 // Programme : 28 logements sociaux + 49 logements en accession + 1 hôtel 2 étoiles de 84 lits + 1 hôtel 4 étoiles de 77 lits + bureaux + Commerces // Lieu : Saint-Etienne (42) // Maîtrise d’ouvrage : Vinci Immobilier Residentiel & Hôtellerie / Groupe Cardinal // Equipe : ECDM (architecte – chef de projet : Boris Girin), Matté (BET structure, fluides, élec), Cyprium (économiste), Acouphen (acousticien) // Surface : 28500 m² SDP // Coût : 35,3 M€ // Démarche environnementale : RT2012 // Statut : Chantier en cours – Livraison 2019

Saint-Etienne est une ville en pleine mutation. A cet égard l’îlot Poste Weiss fait figure de symbole avec la mise en chantier en 2016 d’un programme mixte ambitieux de logements, bureaux, hôtels et commerce en face de la gare TGV de Châteaucreux.

Volumétrie

La construction des volumes procède d’une volonté forte de dégager en plusieurs points de la ville des percées visuelles sur l’espace public de référence que constitue l’Esplanade de France dans le prolongement de la gare. Le gabarit constructible est sculpté, vidé d’une partie de sa matière, donnant naissance à trois sous-volumes. A l’est et à l’ouest les deux premiers ensembles suivent respectivement la rue du Plateau des Glières et l’avenue Denfert-Rochereau, marquées toutes deux par une forte déclivité en allant vers le sud. Un troisième volume, au centre, complète l’ensemble. L’espace public qui se développe en patte d’oie à partir de l’Esplanade de France permet de relier la rue du Gris de Lin et la gare en contrebas, tout en innervant le cœur d’îlot. Depuis l’Esplanade, l’entrée dans l’îlot est en outre marquée par un imposant porte-à-faux évoquant la figure de l’arche, dispositif récurent de l’entrée de ville dans l’histoire de l’urbanisme.

Mixité programmatique

L’ilôt Poste Weiss représente une opportunité d’aborder la question de la ville dans sa complexité programmatique avec une forte imbrication des usages. Deux niveaux de sous-sols permettront d’établir un parking d’une capacité de 280 véhicules. En surface, les deux établissements hôteliers sont en contact direct avec la gare. Du côté de l’avenue Denfert Rochereau, le bâtiment en porte-à-faux accueille un programme tertiaire d’une surface de plancher de 4500m². Les bâtiments de logement se situent quant à eux en arrière-plan: donnant sur la rue du Plateau des Glières, 28 logements sociaux et côté avenue Denfert Rochereau 75 logements en accession. Au centre de l’îlot un bâtiment en pointe de diamant accueille 10 000m² de bureaux répartis sur neuf étages. Les voies qui bordent le site seront animées par la présence d’un programme complémentaire de 6000 m² de commerces aménagés en pied de bâtiment.

Accès / Traitement du cœur d’îlot

Le site est fortement structuré par l’espace central, accessible au public le jour, réservé aux résidents la nuit. C’est un espace exclusivement piéton à l’exception de quelques véhicules particuliers habilités (pompiers, livraisons). Cette colonne vertébrale du projet est conçue comme un continuum minéral, strié de bandes colorées allant du brun au rose. Ce choix singulier donne au projet une cohérence d’ensemble. L’aménagement d’un mobilier urbain sobre autorise les passants à faire une pause à l’ombre des érables plantés ponctuellement, l’occasion de profiter des nombreuses vues sur le grand paysage stéphanois.

Traitement des façades: 50 nuances de rouge

L’articulation des programmes, différents et indépendants, se fait au moyen d’une valeur partagée, le rouge nuancé d’une façade à l’autre. Cette couleur renvoie directement à la gare de Châteaucreux, monument historique facilement reconnaissable à ses façades d’un camaïeu ocre. Cette stratégie de déclinaison entraîne des filiations entre les différentes façades du projet sans compromettre leurs indépendances respectives. Au bardage en écailles de cuivre vernis de l’hôtel 4 étoiles répond l’aluminium teinté du bâtiment en porte-à-faux. La lasure rouge amarante sera quant à elle contrebalancée par la couleur brun sombre du bâtiment central. La façade du rez-de-chaussée bénéficie d’un traitement à part. Elle constitue un socle unificateur dans le prolongement de l’espace public, composée d’une alternance de parties pleines teintées en bande, en écho au dessin du sol, et de parties ouvertes habillées d’un mur rideau. Les éléments constitutifs du cœur d’îlot (clôtures, local vélos, mobilier, mains courantes, contremarches d’escalier) sont protégés par une peinture sablée marron clair non sans rappeler le corten©, participant ainsi à la quête d’un ensemble homogène en pied d’immeuble.